La douleur chronique… La Bête!

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La Bête

La douleur chronique c’est quoi au juste

En temps normal quand on se fait mal, le cerveau envoi un signal d’alarme à notre corps afin que celui-ci se protège d’un danger possible, c’est ce qu’on appelle la douleur aiguë. Lorsque la douleur aiguë persiste au-delà de 3 mois, certains diront 6 ou quand la douleur persiste au-delà de la période normale de guérison, la douleur aiguë, qui est un symptôme, se transforme en maladie… la douleur chronique.

Ce que l’on comprend maintenant de cette maladie et comment on se l’explique jusqu’à ce jour, c’est que le cerveau, qui a la faculté de se réorganisé par lui-même, l’a fait de manière négative; il a en quelque sorte enregistré le symptôme de la douleur aiguë et se la repasse à répétition… comme un vieux vinyle qui saute. Il persiste donc à nous envoyer ce fameux signal d’alarme, qui est faux, mais qui provoque l’apparition du symptôme… la douleur.

Si la douleur aiguë est un symptôme, la douleur chronique elle est une conséquence… une maladie du système nerveux central. Généralement cette maladie, survient après une blessure physique, en réaction post-opératoire ou tout simplement sans aucune raison apparente. Elle peut également et souvent être la conséquence de certaines maladies comme la fibromyalgie, différents types de cancer, l’arthrite, la neuropathie et la migraine pour ne nommer que ceux là, mais elle survient également suite à plusieurs autres maladies.

Douleur chronique persistante ou intermittente.

Les symptômes de la douleur chronique se manifestent différemment chez les personnes. On dit qu’une personne est atteinte de la douleur chronique persistante si les symptômes sont ressentis plus de 12 heures par jour. Quand les symptômes nous arrivent plutôt par crises de douleurs on parle alors de la douleur chronique intermittente.

Quand à la manifestation de la douleur, elle se ressent d’une multitude de façons par les personnes atteintes. Il peut s’agir de sensations de brûlure, des élancements, d’engourdissements ou picotements et/ou de raideurs, etc. Elle peut aussi bien se manifester chez un même sujet de manière brusque, soudaine et lancinante que s’installer progressivement.

Qui la douleur chronique affecte-t-elle au juste?

On estime de nos jour qu’entre 20% et 30% de la population est touchée directement par la douleur chronique. Elle affecte généralement plus de femmes que d’hommes; la migraine et la fibromyalgie touchant davantage les femmes que les hommes il est normal d’avoir un écart.

Ces gens sont affectés à différents degrés d’intensité allant de douleurs faibles à élevées voire même aiguës. Une même personne peut ressentir tous les différents niveaux d’intensité, dépendamment des jours ou des crises semble-t-il et ce sans que l’on comprenne encore pourquoi à ce jour.

La douleur chronique ne touche pas non plus que les personnes atteintes. Elle affecte la vie affective, sexuelle, familiale, professionnelle, sociale et économique des personnes atteintes et donc par le fait même affecte directement et indirectement aussi le quotidien de toutes les personnes qui partagent leur vie avec elles et ce, à tous les niveaux ce qui porterait à un pourcentage beaucoup plus élevé.

Les conséquences de la douleur chronique

Comme mentionné dans le paragraphe précédent, la douleur chronique a de terribles conséquences et ce dans toutes les sphères de la vie de la personne qui en souffre et ce qu’on appelle le cycle de la douleur s’installe.

  • Les effets sur le corps : Ils sont nombreux et peuvent venir de la douleur elle-même ou être un effet secondaire de la médication. Il peut s’agir d’apparitions de spasmes musculaires répétitifs, de contractions de différentes parties du corps, de détérioration de la santé dentaire et ce, de manière irréversible, de tachycardie, d’insomnie, de vieillissement prématuré, de pertes de mémoires, de vertiges, de rougeurs, etc.
  • La sexualité : Souvent mise de côté à tort par les gens souffrant de douleurs chroniques car elles ont peur d’avoir mal ou pensent qu’il n’y a pas de solutions possibles pour eux.
  • La vie amoureuse : Autant la personne atteinte peut se sentir comme un fardeau que le conjoint peut ressentir une grande pression sur ses épaules d’où l’importance d’une vie sexuelle active et diversifiée et d’une communication saine et franche.
  • La famille : C’est elle qui est en première ligne avec la personne atteinte de douleur chronique. La famille vit en direct les orages et ses conséquences. L’amour, le respect, l’acceptation et la communication sont quelques unes des valeurs qui deviennent très importantes. Une famille peut réellement grandir dans tout ça ou tout simplement s’effondrer si on la laisse partir à la dérive.
  • La vie sociale : L’isolement fait en sorte que nos amis, à qui on ne répond plus aux messages, se tannent de tenter de prendre des nouvelles. La vie sociale étant importante, une solution pourrait être de faire partie d’un groupe de personnes vivant avec les douleurs chroniques. Pensez aussi vous trouver de nouvelles passions et de faire partie de groupes concernant ces passions. Vous pourriez ainsi échanger avec des gens de partout et parler d’autres choses que vos douleurs et probablement même vous faire de nouveaux amis.
  • La vie professionnelle : Avec un taux d’absentéisme beaucoup plus élevé que la moyenne (entre 9 et 24 jours d’absences annuellement pour ceux qui sont encore capable de travailler) il est normal que ça crée une tension auprès de l’employeur. Il n’est pas rare que la perte d’emploi survienne, surtout si vous ne parlez pas à votre employeur de votre situation; il sera difficile pour lui de concevoir de telles absences.
  • Les finances : Le portefeuille est directement touché. Que ce soit pour des services non couverts, mais dont vous avez besoin dorénavant pour soulager vos douleurs (massage, acupuncture, activité physique, etc), des services que vous devez utilisez car vous êtes désormais incapable d’accomplir certaines tâches (déneigement, entretient paysager, épilation, teinture, etc). Si en plus on s’absente de son travail souvent, l’impact sera plus important.
  • Le stress : Tous les points précédents sont des facteurs de stress donc plus ils sont affectés, plus le niveau de stress est élevé. Le sexe est bien sûr une excellente façon de faire baisser le niveau de stress dû aux endorphines et ce à peu de frais; une autre excellente raison de ne pas la mettre de côté. Il est important de prendre du temps pour évacuer les tensions et de s’entourer le plus possible de personnes et d’expériences positives et de gérer au mieux tous les autres facteurs de stress.
  • Le deuil : L’abandon de certaines passions, de savoir que notre vie ne sera plus jamais comme avant, de ne plus pouvoir avoir d’enfants ne sont là que quelques deuils qu’une personne atteinte de douleur chronique peut avoir à faire.
  • La peur, la colère et la frustration : Avec le stress vient ses manifestations. Outre les raisons liées aux facteurs de stress et le deuil qui provoquent la manifestations de ces émotions, il y a le fait que la douleur chronique est complètement invisible. Les gens ont tendance à juger les personnes atteintes puisqu’elles n’ont pas l’air malade. Si les gens ne le disent pas, on peut le voir clairement dans leurs regards, surtout lors de nos bons jours. C’est très frustrant pour la personne qui sait qu’elle à quel point elle a mal et à qui ça peut prendre une heure le matin juste pour sortir du lit parfois ou a celle qui a choisi l’amour au lieu de la peur dans la vie et ainsi choisi de sourire tout de même. Soyez forts et restez zen, nul besoin d’avoir l’air en phase terminal pour que notre maladie soit acceptée; c’est personnes sont juste inconscientes de tout le mal qu’elles font, il faut leur pardonner.
  • La dépression: Si tous les moyens ne sont pas pris et mis en place afin d’accepter la douleur chronique et la gérer, il y a de forts risques que se développe la dépression et si celle-ci n’est pas prise en charge non plus, on peut se retrouver en dépression majeure et même en arriver au suicide.
  • La fatigue : L’impression d’avoir à se reposer avant même d’avoir entreprit une activité est quelque chose de fréquent lorsqu’on est atteint de la douleur chronique, surtout si la médication est importante. Cette fatigue, on la ressent très intensément et de façon encore plus grande que dans le cas de la douleur aiguë et le repos ne suffit pas toujours à alléger le fardeau. Il est important de faire du sommeil une priorité; boire beaucoup d’eau, faire de l’exercice (adapté à votre capacité), avoir la bonne alimentation pour vous sont quelques facteurs qui favorisent un bon sommeil.

 

La gestion de la douleur chronique

Contrairement à la douleur aiguë, qui peut être soignée et guérie, la douleur chronique, elle peut seulement être soulagée et gérée et on parle alors de la gestion de la douleur. Il existe une multitude de traitements disponibles afin de minimiser les conséquences de la douleur. Voici différentes méthodes (sans ordre de préférence et/ou d’importance) qui sont à votre disposition pour vous aider à gérer votre douleur et ses conséquences. Dans tous les cas je vous conseille fortement de consultez votre médecin avant d’investir corps, temps et argent dans une approche afin d’être certain que cela vous convient.

Le psychologue ou autre intervenant en accompagnement de la personne : Comme nous avons vu plus haut, la douleur chronique affecte les gens à plusieurs niveaux et un de ses effet est la dépression. L’important c’est de vous rendre service et ce le plus tôt possible et au mieux, avant même l’apparition des premiers symptômes de dépression. Vous n’avez pas besoin d’être dépressif pour consulter un psychologue; il peut vous accompagner à titre préventif. Faire le tour, et ce le plus rapidement possible, de toutes les ressources disponibles et de choisir d’abord l’approche qui vous parle le plus pour ensuite trouver la bonne personne pour vous est un pas dans la bonne direction.

Masso, ostéo, acu, ergo, kiné… : La massothérapie, l’ostéopathie, l’acupuncture, l’ergothérapie et la kinésiologie sont des approches offertes par des professionnels spécialement formés qui peuvent être très efficaces et tentées si votre portefeuille vous le permet sur une base régulière car ce n’est pas qu’une seule séance qui fera une différence, mais c’est plutôt à la longue que l’effet bénéfique se fera sentir. Le plus simple si vous voulez aller dans cette voie est de vous renseigner sur chacune de ces approches et de choisir celle qui vous convient le mieux, souvent les clinique spécialisées en médecine sportive et musculo-squelettique offrent tous les services.

Le TENS : Il s’agit d’une petite machine, un neurostimulateur, munie d’électrodes que l’on colle sur la peau et qui émet un courant électrique d’une intensité variable et qui fait que nos muscles se contractent et se relâchent au rythme du programme choisi.

L’activité physique : OUI! Bien qu’il soit facile de penser le contraire, l’inactivité physique est plus dommageable que d’être actif. Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport pour être actif. L’important c’est de trouver une activité que vous aimez, qui vous motive et vous pourrez ainsi bénéficier des précieux endorphines que libérera votre cerveau en plus du renforcement du système immunitaire et de la force musculaire.

Produits analgésiques en vente libre : Des crèmes et patch analgésiques et autres produits en vente libre peuvent être utilisés. Ceux-ci viennent habituellement de la médecine traditionnelle chinoise. Ils sont efficaces et il est simple de s’en procurer, mais encore une fois ils ne permettent que de soulager la douleur pour un court laps de temps.

L’approche plus spirituelle : La relaxation, la méditation et l’auto-hypnose sont aussi très efficaces et surtout, des méthodes naturelles afin de bien contrôler et gérer sa douleur. Il y a tout un processus d’apprentissage à faire si on ne s’y est jamais adonné, mais avec du temps, des efforts et de la persévérance, on peut être en mesure de faire la gestion de sa douleur presque uniquement de cette manière; certains s’y mettent tellement sérieusement qu’en la combinant avec une alimentation précise ils en viennent à éliminer complètement la médication chimique.

La médication : Sans aucun doute le traitement le plus répandu afin de soulager ces symptômes, mais elle n’est pas sans risque et s’accompagne généralement de beaucoup d’effets secondaires indésirables, certains même nocifs, de restrictions et de contraintes. Assurez-vous de bien connaître votre médication et pourquoi vous la prenez, soyez attentifs à tous les effets secondaires ressentis et communiquez bien avec votre médecin.

Le cannabis à usage thérapeutique : Plusieurs études de divers pays ont été faites et sont catégoriques; l’utilisation bien gérée du cannabis aide grandement à diminuer les douleurs, augmente l’appétit, soigne certains cancers, diminue les migraines de beaucoup, favorise un bon sommeil et diminue par le fait même l’insomnie reliée aux douleurs et à la prise d’autres médicaments. Il serait aussi efficace pour traiter l’anxiété, la schizophrénie (études en cours), les glaucomes dans certains pays, la douleur chronique, les spasmes musculaires (qui peuvent être des causes de la prise d’autre médicaments). Plusieurs autres effets bénéfiques reconnus, en voie de l’être ou à l’étude sont à ajouter à la liste. De plus le cannabis est relativement non addictif si on le compare à l’addiction aux médicaments en comprimés, à l’alcool, aux cigarettes et drogues dures. De plus, aucun décès par overdose n’a été rapporté, contrairement au médicaments traditionnels et autres substances addictives.

La musique : La musique est sans aucun doute un précieux allié pour les gens souffrant de la douleur chronique. Plusieurs études ont démontrés une baisse significative du niveau de la douleur elle-même ainsi qu’une baisse considérable des symptômes dépressifs reliés à la douleur. Ces baisses importantes de symptômes entraîne un effet positif très important soit la diminution de la prise de médicaments. En effet si l’intensité des douleurs ressentie devient moins élevé avec l’écoute fréquente de musique, la médication pour gérer la douleur peut être ajustée en plus faibles doses ou bien carrément éliminer certains médicament selon les cas.

L’alimentation : Lorsqu’on a mal, que ce soit physiquement ou émotionnellement, les gens ont souvent recours à des aliments réconfortant. Lorsqu’il s’agit d’un mal temporaire ça peut aller, mais dans le cas de la douleur chronique ça peut avoir des effets néfastes sur la santé ainsi que sur la qualité du sommeil. En effet, les aliments réconfortant sont, la plupart du temps, des aliments pauvres en apport de nutriments et vitamines et ayant un taux élevé de gras saturés et de sucre. Cette carence alimentaire entraîne donc généralement une prise de poids, une augmentation de l’inflammation et donc de la douleur. Le sommeil se trouve directement affecter par ce que vous manger puisque les douleurs affecte le sommeil en qualité et en temps. Manger sainement tout simplement en évitant le café et l’alcool le plus possible, les gras trans et saturés et les sucres concentrés. Les aliments à privilégier sont les fruits et légumes (bio si possible), les huiles, les poissons, les noix. Privilégiez aussi les épices et herbes afin d’assaisonner et donner bon goût aux aliments au lieu d’utiliser le sel, les sauces en sachet et autres produits d’assaisonnement plein de sodium. Une nutritionniste pourrait vous aider au besoin à la conception d’un menu approprié pour vous.

La douleur chronique, une maladie pleine de préjugés.

Beaucoup de gens jugent encore très mal la douleur chronique, même que certains nient encore que ce soit bel et bien une maladie bien qu’elle soit réellement reconnue par les autorités médicales.

D’abord parce que c’est facile d’être dans le déni, ils n’ont alors pas à faire de démarches pour en savoir davantage puisque cette chose n’existe pas selon eux. Elle a d’ailleurs longtemps été nommée la maladie imaginaire.

Ensuite il y ceux qui reconnaissent que la maladie existe, mais qui ne la connaisse pas, ni de près, ni de loin et donc basent leur opinion sur ce qu’ils entendent, lisent et voient. Le problème c’est que cette maladie est invisible et donc ces gens ne voient rien.

Finalement ils y a ceux qui la jugent à tort parce qu’elle affecte leur vie directement ou indirectement; elles deviennent donc en réaction à ces douleurs invisibles et sont en quelques sortes ses victimes elles aussi. Il est difficile de comprendre et d’accepter quelque chose que l’on ne connaît pas… les gens ont tendance à choisir la peur au lieu de l’amour et de nature on haït ce dont on a peur.

Conclusion

En conclusion, nous comprenons donc que la différence majeure entre la douleur aiguë et la douleur chronique c’est que la première, qui est un symptôme, peut être soignée car elle a une raison et des traitements connus tandis que la deuxième est une maladie qui n’a parfois même pas de cause connue et qu’il n’existe, à ce jour, aucun traitement disponible pour la soignée; on ne peut que la gérer du mieux qu’on peut pour en minimiser les effets.

La douleur chronique est une maladie grave qui est très difficile à vivre et à apprendre à gérer puisque l’on ne comprend pas bien son fonctionnement et affecte en fait beaucoup plus que les 20% à 30% de la population directement atteinte.

Il y a beaucoup de chemin et de recherches qui ont été faits, surtout depuis qu’elle est reconnue officiellement comme une maladie, mais il y reste encore beaucoup à faire.

Sources :

http://www.allodocteurs.fr/j-ai-mal/en-finir-avec-les-douleurs-chroniques_5987.html#paragraphe6

http://ici.radio-canada.ca/emissions/bien_dans_son_assiette/2014-2015/chronique.asp?idChronique=354846

http://www.douleurchronique.org/print_new.asp?node=174

http://mytoolbox.mcgill.ca/fr/

http://education.arthritis.ca/fr-ca//home.aspx

http://www.stop-cannabis.ch/

https://www.newsweed.fr/

https://www.douleurchroniquequebec.ca/Pages/default.aspx

http://www.cpa.ca/lapsychologiepeutvousaider/douleurchronique/

http://www.sqd.ca/

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=douleur_chronique_intro_do

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