La gestion de la douleur chronique

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La gestion de la douleur chronique

Contrairement à la douleur aiguë, qui peut être soignée et guérie, la douleur chronique, elle, ne peut pas être soignée et donc guérie. Elle peut seulement être soulagée et gérée et on parle alors donc souvent de la gestion de la douleur. Il existe une multitude de traitements disponibles afin d’en minimiser les effets.

Le psychologue ou autre intervenant en accompagnement de la personne

Comme nous avons vu plus haut, la douleur chronique affecte les gens à plusieurs niveaux et un de ses effet est la dépression. Il y a plusieurs facteurs qui peuvent mener à la dépression, mais je ne ferai qu’énumérer ici les principaux. Il y d’abord la douleur elle-même qui draine l’énergie de façon considérable, il y aussi très rapidement l’isolement qui s’installe de manière presque naturelle, sans compter les effets sur l’humeur liés à cet isolement, à la frustration, au deuil de son ancienne vie à faire etc. L’abus des médicaments, alcool et drogues peut s’installer si la personne n’est pas bien suivie et ainsi jouer un grand rôle dans la dépression. Pour terminer, le jugement, les regards et l’opinion des gens est aussi directement relié à la dépression. Ces jugements, souvent gratuits et sans fondement réels, affectent très profondément les personnes atteintes; personne n’aime être jugé et/ou condamné à tord. Les personnes atteintes ont déjà un faible niveau d’énergie dû à leurs douleurs qui la consomme au fur et à mesure; d’avoir à se battre et/ou se justifier n’est pas supposé faire parti de leur quotidien.

Voilà pourquoi il serait important de consulter un psychologue afin d’avoir quelqu’un de neutre et d’objectif et surtout qui ne vous jugera pas, mais sera dans votre équipe afin de vous motiver et de vous aider à remonter la pente. Outres les psychologues, il y a maintenant plusieurs autres personnes ressources qui sont en mesure de vous accompagner. L’important c’est de faire le tour de toutes les ressources disponibles et de choisir d’abord l’approche qui vous parle le plus et ensuite de trouver la bonne personne pour vous. La personne que vous choisirez vous permettra au final d’être serein devant et pendant les crises, d’apprendre à lâcher prise, d’accepter de ne plus rien planifier, de faire le deuil de votre ancienne vie (car non, elle ne reviendra plus jamais comme avant). C’est la partie la plus difficile quand on commence à vivre avec la grosse bête qu’est la douleur chronique. Une fois qu’elle est acceptée, tout devient un peu plus facile et on peut apprendre à vivre en harmonie avec elle, à se trouver de nouvelles passions, apprendre à se connaître réellement et à vivre avec soi ce qui n’est pas peu non plus.

Si rien est fait cette dépression peut évoluer en dépression majeure et peut avoir des conséquences dramatiques et permanentes sur les gens et leur entourage. La dépression fait pratiquement tout le temps partie du portrait dans les cas de la douleur chronique et il est important, pour ne pas dire primordial, que cette dépression soit prise en charge et gérée le plus rapidement possible au risque que la situation dégénère. Comme mentionné plus haut, la dépression non prise en charge peut conduire à des comportements destructifs et même au suicide et les risques sont plus élevés lorsque la dépression est liée à la prise d’anti-douleurs.

Masso, ostéo, acu… 

La massothérapie, l’ostéopathie, l’acupuncture sont des approches offertes par des professionnels spécialement formés qui peuvent être très efficaces et tentées si votre porte-feuille vous le permet sur une base régulière car ce n’est pas qu’une seule séance qui fera une différence, mais c’est plutôt à la longue que l’effet bénéfique se fera sentir. Si votre traitement est prescrit, que vos assurances le permettent ou que vous avez un dossier avec la SAQ ou la CNESST, un reçu peut être émit par le professionnel et vous pouvez obtenir un remboursement total ou partiel des traitements reçus selon le cas. Il est important tout de même de vérifier auprès des différentes instances vous concernant si vous y êtes admissible avant de vous lancer dans une telle approche. Certains professionnels ne travaillent qu’en clinique, d’autres travaillent dans un bureau à domicile et d’autres offrent même le service de vous traiter chez vous. Ça peut quand même faire une différence quand vous êtes à mobilité réduite. Les prix sont variables d’un professionnel à l’autre et si vous êtes avec la SAQ ou la CNESST, vous devrez vous assurer que le professionnel choisi prend en charge ces dossiers etque la SAQ ou CNESST approuve le praticien.

Le TENS

Le TENS est une petite machine, un neurostimulateur, munie d’électrodes que l’on collent sur la peau et qui émet un courant électrique d’une intensité variable et qui fait que nos muscles se contractent et se relâchent au rythme du programme choisi. Ils sont efficaces à certains niveaux plus que d’autres donc assurez-vous que ça vous convienne avant de faire cet achat.

Tous les TENS ne sont pas identiques et certains sont plus évolués que d’autres comme ceux en cliniques qui sont assez gros en général. Il y a aussi ceux conçu pour l’usage domestiques et qui se portent comme un lecteur mp3 ou un cellulaire. Peu importe lequel est utilisé, ils fonctionnent tous de la même manière. Si prescrit, le TENS peut aussi être remboursé dans certains cas; informez-vous.

L’activité physique

L’activité physique est très importante en tout temps, mais spécialement si vous êtes atteint de la douleur chronique.
Bien qu’il soit facile de penser le contraire, l’inactivité physique est plus dommageable que d’être actif. Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport pour être actif. L’important c’est de trouver une activité que vous aimez, qui vous motive et vous pourrez ainsi bénéficier des précieux endorphines que libérera votre cerveau. De plusla pratique d’une activité régulière améliorera votre tonus, votre endurance, diminuera votrefatigue, contribuera à votre bien-être personnel autant physique que psychologique.

Il y a les équipements de kinésiologie, de physiothérapie et d’ergothérapie qui sont des équipements d’activités physiques adaptés et spécialisés qui permettent de venir aider au renforcement des muscles du corps afin que celui-ci soit plus fort et endurant. Parmi ceux-ci il y a les élastiques, les rouleaux, les planches de stabilisation pour aider à l’équilibre, les ballons d’exercices, les poids, les vélos stationnaires, les exerciseurs élliptiques,  les coussins, et tous les jeux de tables pour la motricité fine et les douleurs au haut du corps pour ne nommer que ceux là. Rien de tout ça n’est absolument nécessaire et obligatoire, mais ils sont disponibles pour vous si le cœur et le porte-feuille vous en dit. Vous pourriez aussi recourir aux services mêmes de ces professionnels de la santé physique qui pourront vous accompagner et même vous proposer des plan d’activités.

Produits analgésiques en vente libre

Il y a aussi des crèmes et patchs analgésiques qui peuvent être utilisés. Celles-ci viennent habituellement de la médecine traditionnelle chinoise. Elles sont efficaces et il est simple de s’en procurer, mais encore une fois elle ne permettent que de soulager la douleur pour un court laps de temps.

L’approche plus spirituelle

La relaxation, la méditation et l’auto-hypnose sont aussi très efficaces et surtout, des méthodes naturelles afin de bien contrôler et gérer sa douleur. Il y a tout un processus d’apprentissage à faire si on ne s’y est jamais adonné, mais avec du temps, des efforts et de la persévérance, on peut être en mesure de faire la gestion de sa douleur presque uniquement de cette manière. Le petit bémol avec ces méthodes c’est le temps que ça prend. Nous n’avons pas tous le temps de consacrer plusieurs heures par jour à méditer, relaxer et/ou s’auto-hypnotiser, mais au moins de l’impliquer dans votre programme de gestion peut grandement vous aider à soulager la douleur mais aussi et surtout à diminuer la médication que vous prenez.

La médication

La dernière catégorie et non la moindre… la médication. La médication est probablement le traitement le plus répandu afin de soulager ces symptômes, mais elle n’est pas sans risque et s’accompagne généralement de beaucoup d’effets secondaires indésirables, certains même nocifs, de restrictions et de contraintes. Le site de l’Action de la santé des femmes parle d’une étude menée en 1998, une étude de l’Université de Toronto a démontré que l’usage normale, mais à long terme de médicaments causait entre 75 000 et 100 000 décès annuellement au États-Unis. En se basant sur de telles données, ça équivaut à dire qu’en 1998 seulement ce sont 10 000 canadiens qui auraient perdu la vie pour avoir fait un usage normale mais à long terme de médicament(s). Les surdoses et les erreurs n’étaient même pas inclus dans cette étude, ce qui ferait probablement augmenter de beaucoup le nombre de morts. En prenant pour acquis que la population est grandissante, vieillissante et de plus en plus médicamentées, tout porte à croire que ce chiffre doit être maintenant beaucoup plus important en fin 2016 au moment d’écrire ces lignes et c’est alarmant.

L’usage du cannabis à des fins thérapeutiques.

L’utilisation du cannabis a des fins thérapeutiques a été approuvé depuis peu par le Premier Ministre Justin Trudeau et toute la mise en place des lois et protocoles à lieu en ce moment même au Canada. Les bienfaits du cannabis ne sont plus à prouver.

Plusieurs études de divers pays ont été faites et sont catégoriques; l’utilisation bien géré du cannabis aide grandement à diminuer les douleurs, augmente l’appétit, soigne certains cancers, diminue les migraines de beaucoup, favorise un bon sommeil et diminue par le fait même l’insomnie reliée aux douleurs et à la prise d’autres médicaments. Il serait aussi efficace pour traiter l’anxiété, la schizophrénie (études en cours), les glaucomes dans certains pays, la douleur chronique, les spasmes musculaires (qui peuvent être des causes de la prise d’autre médicaments). Plusieurs autres effets bénéfiques reconnus, en voie de l’être ou à l’étude sont à ajouter à la liste. De plus le cannabis est relativement non addictif et aucun décès par overdose n’a été rapporté, contrairement au médicaments traditionnels.

Plusieurs lectures peuvent être faites sur le sujet afin de vous faire un opinion par vous-même; vous trouverez quelques liens plus bas qui pourront vous servir de point de départ.

http://www.lapresse.ca/sciences/medecine/201509/30/01-4905233-les-bienfaits-du-cannabis-medicinal.php

https://www.alchimiaweb.com/blogfr/cannabis-therapeutique/page/2/

Actualités du cannabis médical, Mai 2014

5 bienfaits méconnus du cannabis sur la santé